Chasse, pêche et pastoralisme : le rôle oublié des landes dans l’alimentation
Moins connues que leurs cousines boisées, les landes girondines sont des espaces ouverts où s’entrelacent bruyères, genêts, ajoncs et pâturages maigres. Elles jouent (et ont longtemps joué) un rôle majeur dans l’alimentation, particulièrement à travers trois activités :
1. La chasse traditionnelle
- Le gibier : sangliers, chevreuils, faisans, bécasses et palombes – ces oiseaux migrateurs sont très prisés, donnant naissance à des recettes mythiques comme la “palombe à la ficelle”, un incontournable des banquets de chasse du Médoc ou du Bazadais.
- Le lapin de garenne : jadis abondant sur les landes, il était un pilier de la cuisine rurale : civets, terrines, ou simplement farci aux herbes de bruyère.
2. Le pastoralisme et ses influences sur la table
Depuis le Moyen Âge, brebis et chèvres pâturent les maigres prairies landaises, mangeant fougères et bruyères et offrant des fromages (notamment le tomme de brebis landais) au goût corsé, typique des élevages semi-sauvages.
3. Les ressources en eaux douces et étangs
Les nombreuses mares, esteys et ruisseaux des forêts abritent carpes, anguilles, écrevisses, autrefois omniprésentes sur les tables girondines. L’anguille, le sandre, la lamproie sont aujourd’hui toujours pêchés dans les rivières girondines – la lamproie à la bordelaise, cuite dans le vin rouge, demeure une splendeur de la cuisine locale, et tire son origine autant des estuaires que des petits cours d’eau boisés traversant forêts et landes (Sud Ouest).