Les grandes routes des saveurs : échanges et influences historiques
Dès le Moyen Âge, le port de Bordeaux connaît un essor fulgurant. Les Anglais, installés d’abord par Aliénor d’Aquitaine puis jusqu'à la fin de la Guerre de Cent Ans, raffolent du “claret” bordelais. Ce commerce permet à Bordeaux de devenir au XIIIe siècle l’un des principaux ports européens, et d’enrichir ses habitudes alimentaires.
- Les épices venus d’Orient via les réseaux marchands italiens diffusent de nouveaux usages en cuisine.
- Les céréales et légumineuses rapportées par les civils, marins et commerçants encouragent la diversification des plats régionaux.
- Les huiles et poissons conservés venus d’Espagne et du Pays Basque apparaissent sur les tables.
Le grand tournant survient dès le XVIIIe siècle avec le commerce triangulaire. Les produits coloniaux – sucre, cacao, vanille, rhum – transitent par Bordeaux, influençant notamment la confection des canelés, autrefois appelés “canaulets” par les Sœurs du couvent de l’Annonciade (source : Musée d’Aquitaine).
L’aristocratie bordelaise adapte dans ses hôtels particuliers les recettes rapportées d’Angleterre (puddings, custards) et d’Espagne (gâteaux d’amandes), bientôt adoptées puis “localisées” grâce à l’apport des produits girondins.