Les charcuteries typiques : entre tradition et originalité
Le grenier médocain : la star méconnue du Médoc
Peu connu hors de ses frontières, le grenier médocain est pourtant une institution du patrimoine girondin. Il s’agit d’un « boudin blanc » non farci, inventé au XIXe siècle dans la presqu’île médocaine, à l’occasion du « tueur du cochon » (la fête de la Saint-Martin ou de l’Épiphanie). Sa recette ?
- La panse de porc (ventre), soigneusement nettoyée et pochée,
- Un assaisonnement généreux de sel, poivre, ail, clous de girofle, muscade et piment,
- Un découpage en lamelles, roulées puis ficelées avant cuisson dans un bouillon parfumé,
- Un pressage puis un affinage de plusieurs jours.
Le résultat : une charcuterie goûteuse, ferme et subtilement relevée. Dégusté froid, en tranches épaisses à l’apéritif, il s’accorde à merveille avec un vin rouge du Médoc. Fait rarissime, le grenier médocain a obtenu en 2010 une Indication Géographique Protégée (IGP), garantissant sa fabrication locale et sa recette traditionnelle (INAO).
Les grattons : la « gourmandise du pauvre » devenue incontournable
Les grattons, parfois orthographiés « graisserons », illustrent à la perfection la philosophie girondine : rien ne se perd. Ces petits morceaux de couenne et de gras de porc, frits longtemps à feu doux, étaient autrefois la récompense directe des ateliers de charcuterie paysanne. Croquants et fondants à la fois, salés juste ce qu’il faut, ils sont servis à l’apéritif sur une tranche de pain de campagne. On en trouve sur tous les marchés locaux, et jusqu’à 1 tonne par an est écoulée lors des événements gourmands comme la fête de la Saint-Cochon à Pessac (source : Sud Ouest).
La ventrèche de porc : l’invitation au voyage gascon
La ventrèche de porc (ou ventresca) est une poitrine de porc salée, séchée et parfois poivrée. Elle s’utilise crue, en fines tranches sur une salade landaise, ou coupée en dés dans les omelettes et les garbures. Particularité girondine : l’ajout, parfois, d’une touche de piment doux ou d’un poivre long venu d’Espagne. Ce produit typique ressurgit dans nombre de bistrots de Bordeaux, ravivant le souvenir des « casse-croûtes » ouvriers.