Généalogie d’un plat emblématique : origines et évolutions
L’entrecôte à la bordelaise, telle qu’on la connaît aujourd’hui, s’est forgé une identité au confluent de plusieurs influences : économie du vin, élevage de qualité, vie portuaire, et culture de la convivialité.
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La viande : L’entrecôte provient traditionnellement de races bovines locales, parmi lesquelles la Blonde d’Aquitaine demeure très prisée (INRAe). Cette viande, persillée et savoureuse, incarne à elle seule l’exigence de qualité des boucheries bordelaises.
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Le vin rouge : Impossible de dissocier la sauce bordelaise du vignoble alentour. La recette appelle au moins un demi-litre de vin rouge sec, issu historiquement des vins dits « de palus » et « de graves », produits dans l’immédiate périphérie de la ville (La Revue du vin de France, 2019).
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L’échalote : Souvent cultivée dans le Blayais ou en Entre-deux-Mers, l’échalote y confère sa douceur et sa vivacité.
La recette codifiée apparaît dans des recueils du XIXe siècle : Prosper Montagné la cite dès 1929 dans son Larousse Gastronomique. C’est toutefois dans les brasseries bordelaises, au début du XXe siècle, que le plat s’impose comme la « pièce signature » pour les voyageurs ferroviaires, marchands de vins et bourgeois de passage (Source : « Bordeaux à Table », Editions Féret, 2017).