Les tendances modernes : zoom sur les influences dans les desserts bordelais
1. L’avènement des parfums d’ailleurs
Depuis 5 ans, Bordeaux voit éclore une vague de pâtissiers inspirés par la cuisine fusion. Le cannelé n’échappe pas à la tendance : chez Baillardran, la maison historique, la gamme limitée au « cannelé au thé matcha », lancé en 2022, s’est écoulée à plus de 15 000 exemplaires en deux saisons estivales (source : Maison Baillardran).
- Epices exotiques : Tonka, poivre timut, cardamome et cannelle revisitent la croûte ou s’invitent dans le cœur du cannelé, offrant des arômes surprenants.
- Fruits du monde : Citron yuzu, mangue, fruit de la passion, combava… Les purées maison remplacent parfois la vanille ou complètent la garniture.
2. L’art du « dessert déstructuré »
Les chefs tels que Philippe Etchebest à Bordeaux ou Fabien Beaufour au Sources de Caudalie ne jurent plus que par la « déstructuration ». Qu’est-ce à dire ? Il s’agit de déconstruire le dessert pour le proposer en plusieurs textures et températures, surprenant le palais à chaque bouchée.
- Puits d’amour en verrine : Brioche émiettée, crème pâtissière légère, caramel croustillant : la tradition se fait ludique et raffinée.
- Tartes ou macarons revisitée : La coque du macaron de Saint-Émilion devient biscuit croustillant, la garniture s’aromatise à l’estragon, au café blond ou à la groseille selon la saison.
Ces techniques, issues de la gastronomie étoilée, séduisent aujourd’hui les pâtisseries de quartier : le Lab Pâtissier rive droite ou la Maison Hermelin à Eysines excellent dans l’exercice.
3. Une pâtisserie plus engagée : locale, responsable, inclusive
Avec la vague bio et sans allergène, les desserts girondins connaissent une véritable mue. En 2023, 28 % des pâtissiers girondins proposaient en vitrine au moins un dessert vegan ou sans gluten, contre seulement 11 % quatre ans plus tôt (Observatoire CMA Nouvelle-Aquitaine).
- Macarons sans œufs ni lait : La Maison Lemoine (Bordeaux) propose chaque semaine une version à l’aquafaba, mousse de pois chiche.
- Farines alternatives : Farine de maïs, de châtaigne, ou d’amande (sourcée localement) remplacent la farine de blé dans certaines recettes de cannelés ou de florentins.
Les consommateurs, soucieux d’origine et de santé, poussent les artisans à expérimenter : Ami Boulangers et L’épicurienne de corniche misent sur un sourcing exclusif en Gironde, du lait cru à l’œuf plein air.