Quand Bordeaux devient carrefour d’épices : un voyage dans le temps
Bordeaux, figure incontournable sur la carte des grandes cités commerçantes européennes, doit une part de sa richesse à sa situation stratégique. À partir du XIIe siècle, alors que la ville prospère autour de la Garonne, Bordeaux s’impose comme port d’attache pour les grands négociants et explorateurs. La ville s’ouvre alors aux produits venus de loin : poivre, cannelle, gingembre, muscade, safran, clou de girofle, mais aussi sucre de canne et café passent alors par les entrepôts bordelais.
Au XVIIIe siècle, le commerce triangulaire a son revers, mais il propulse Bordeaux au rang de deuxième port d’Europe après Londres (INSEE, 2021). Les épices, importées d’Orient par le biais des grandes puissances maritimes (Gênes, Venise, puis l’Angleterre), y transitent en masse avant d’enrichir les cuisines locales. Selon l’historien Jean-Pierre Poussou, jusqu’à 12 000 tonnes de denrées exotiques (épices, cafés, indigo) ont débarqué chaque année à Bordeaux vers 1780 (Bulletin de la Société de l’histoire de Bordeaux).