Épices, cacao, café : les stars de l’exotisme grâce aux quais bordelais
Le sucre : douce révolution venue des Antilles
Le sucre est sans doute le produit qui a le plus bouleversé les habitudes culinaires bordelaises. Avant le XVIIe siècle, le miel était le principal édulcorant. L’essor des plantations de canne à sucre dans les colonies françaises des Caraïbes a propulsé Bordeaux au rang de raffinerie d’importance. Selon l’historien Jean Tarrade, on comptait pas moins de 15 raffineries de sucre à Bordeaux en 1780 (source : Annales ESC, 1979).
- Nouvelle richesse : le sucre raffiné bordelais s’exportait dans toute la France mais inspirait aussi la pâtisserie locale (cannelés, guinettes, chocolats...).
- Déclinaison gastronomique : la proximité du sucre a permis la création de spécialités telles que les canelés, dont la recette fait intervenir abondamment sucre et vanille.
Le cacao et le chocolat : une arrivée triomphale par l’estuaire
Le chocolat fait son apparition en France au XVIIe siècle grâce au commerce atlantique. Bordeaux devient alors, tout comme Bayonne, l’un des premiers ports d’introduction du cacao, provenant essentiellement du Venezuela et de Saint-Domingue.
- 1720 : première chocolaterie bordelaise fondée par la famille Doré.
- Les chocolatiers bordelais font partie des premiers à transformer le cacao en boisson et en pâtisseries (source : “Histoire(s) du Chocolat à Bordeaux”, Le Festin, 2018).
- Le fameux bouchon bordelais, confiserie au chocolat et à la pâte d’amande, doit beaucoup au port.
Le café, ce parfum venu d’Éthiopie aux terrasses bordelaises
Introduit en Europe via le port ottoman de Moka au XVIIe siècle, le café transite bientôt par Bordeaux, où il conquiert salons et cafés littéraires dès le XVIIIe siècle. Près de 30 000 quintaux arrivent chaque année au XIXe siècle dans les entrepôts de Bacalan (source : Archives Départementales de la Gironde).
- Le commerce du café fait apparaître de nouveaux métiers : torréfacteurs, confiseurs, limonadiers.
- Rapidement, Bordeaux compte plus de 150 établissements spécialisés (cafés, salons) en 1850.